la symbolique du caducée

Le terme caducée trouve son origine dans le sanskrit kàrù signifiant chanteur, poète. Il est repris par le grec dorien sous la forme kerux, “héraut” ou “messager officiel”, personnage important lors des tractations diplomatiques et les ventes.
Le terme karukeion dérivant de kerux, signifie “bâton de héraut”, d’où provient le mot latin caduceus.
En fait, le caducée est une sorte de sceptre attestant la fonction de celui qui le porte. La question est de savoir qui, dans la mythologie classique, était le vrai propriétaire du caducée !
La réponse n’est pas si simple : Apollon ? Asklepios ? Hermès ?
En réalité, chacun de ces dieux peut en réclamer la propriété !


Esculape, dieu de la médecine.

Esculape était le fils du dieu Apollon et de la nymphe Coronis. Son père le confie au centaure Chiron, instruit en médecine par Artémis et Apollon lui-même.
Chiron enseigne à son tour la médecine à Esculape. Il reçoit alors le caducée des mains de son père Apollon. Esculape ne se contente pas seulement de guérir les malades, mais se permet également de ressusciter les morts, ce qui n’est réservé qu’aux dieux. Pour cette usurpation, son grand-père, Zeus, le foudroie, à la grande fureur d’Apollon.
Selon plusieurs historiens, Esculape a pu être un humain célèbre pour ses connaissances et sa bonté, et qui fut divinisé par la suite. Homère le décrit comme un praticien génial dont les fils, Machaon et Podalirios, sont les médecins de l’armée grecque qui assiège Troie. Il est toujours représenté avec un bâton sur lequel s’enroule un serpent, surnommé pour cela la couleuvre d’Esculape, et parfois accompagné de ses filles Hygie (la mère de l’hygiène, médecine préventive) et Panacée (la mère des remèdes, médecine curative), ainsi que du génie guérisseur Telesphoros (Temple d’Esculape à Athènes).


Une couleuvre pour un dieu.

Elaphe longissima est considérée comme la couleuvre d’Esculape. Ce serpent inoffensif peut atteindre la taille de deux mètres. C’est une espèce diurne, terrestre et semi-arboricole. Extrêmement rapide, agile, énergique et dotée d’un solide appétit, elle fut l’un des symboles de la santé dans l’antiquité.


Le symbolisme du caducée d’Esculape.

Le caducée appartenait originellement à Apollon. Comme attribut de ce dieu, le caducée ne portait qu’un seul serpent enroulé autour d’un bâton-massue, tête vers le haut.
Le symbolisme du serpent est très ancien et a toujours été associé à l’idée de la Mort et de la Vie. Son venin provoque le passage de la vie à la mort ; mais, utilisé à de faibles doses, il avait aussi la réputation d’être un remède (on le trouvait en abondance dans les recettes des sorciers). Son utilité n’est pas une légende : en biologie moderne, les enzymes protéolytiques du venin de serpent sont utilisés pour la séparation des chaînes d’ADN. Le serpent était également souvent associé aux forces secrètes de la terre d’où il surgissait.

L’explication du caducée médical réside, peut-être, dans l’association serpent-bâton.
Le serpent représenterait le remède (dont la composition est souvent gardée secrète) tandis que le bâton symboliserait l’Arbre de Vie, vie que le praticien essaye de maintenir grâce à ce remède.
En revanche, le miroir surplombant le bâton est un symbole récent, fort en vogue dans le corps médical français, et il représente la prudence. Il pourrait provenir de la franc-maçonnerie (qui considère le miroir comme le seul juge de l’homme) et son apparition se situerait alors à la fin du XVIIIème siècle ou au début du XIXème. Dans l’antiquité classique, il n’a jamais été associé au caducée.


Hermès, dieu du commerce… et du mensonge !

Hermès (le dieu Mercure latin) est le dieu grec messager des Olympiens.
Fils de Zeus et de Maïa, il reçoit de nombreuses attributions : il est, entre autres, le guide des voyageurs, le conducteur des âmes des morts, le dieu du vol et du mensonge, de l’habileté et de la ruse, le patron des orateurs et des commerçants et, enfin, le dieu berger et… celui de la santé. Au départ, son attribut était la lyre, qu’il va échanger avec son demi-frère Apollon contre le caducée. (Or, nous avons vu plus haut qu’Apollon avait également offert le caducée à son fils Asklépios !)


Le symbolisme du caducée d’Hermès.

Sur le caducée d’Hermès-Mercure on trouve souvent deux ailes fixées sur la partie supérieure.
Les ailes symbolisent le voyage, le commerce, le messager et n’ont évidemment rien à voir avec la médecine ou la santé. Les deux serpents se faisant face est un symbole très ancien dont les premières traces remontent aux alentours de 2600 avant J.C à Babylone.
À l’origine, il pourrait avoir été un bâton muni de rameaux entrelacés qui se transformeront, vers le Vème siècle avant J.C., en serpents, vraisemblablement suite à une influence orientale.
En Grèce, une légende relate qu’ Hermès découvrit le premier la puissance de son bâton magique lorsqu’il l’utilisa pour séparer deux serpents engagés dans un combat mortel. Les reptiles cessèrent immédiatement le combat, s’enlacèrent autour du bâton et s’embrassèrent. Cette légende repose sur un fond de vérité car, dans les combats rituels entre les mâles Elaphe longissima, les antagonistes s’enlacent entre eux et les têtes se redressent. Les deux serpents d’Hermès s’enroulèrent naturellement autour de son bâton puisque Elaphe longissima est une espèce semi-arboricole.
Le caducée à deux serpents devint alors le symbole de la paix et de la neutralité ; c’est ainsi que les Romains envoyèrent aux Carthaginois un messager portant une javeline et un caducée d’Hermès, en leur demandant de choisir entre la guerre et la paix.
Il faut voir, dans l’enlacement des serpents qui se font face, l’équilibre des forces antagonistes utilisé par l’hermétisme et sa discipline-fille, l’alchimie, pour décrire la notion d’unité dans l’opposition.


Conclusion : le symbole médical : art ou commerce !

Aujourd’hui, une grande confusion s’est développée entre les deux types de caducée, et l’origine de ce dilemme se situe peut être dans la rivalité Apollon-Hermès. Il est cependant clair que le caducée médical ne porte pas d’ailes et que le serpent est seul, comme il apparaît dans les statues d’Esculape.
Doit-on parler de “caducée d’Esculape” ou de “bâton d’Esculape” et réserver le terme caducée (sans qualificatif) à l’emblème du commerce ?
Il est difficile de répondre à cette question, mais c’est bien un caducée à serpent unique qui a été remis à Asklépios par son père. Faisons remarquer à cette occasion que la ressemblance entre le symbole de la médecine et celui de la pharmacie avec le serpent crachant son venin, date du XVIIIème siècle. La confusion est entretenue également par le fait qu’Apollon possédait le premier caducée, qu’il en fit don à son fils Asklépios mais qu’il l’échangea également contre la lyre d’Hermès ! Cet emblème unique devint, à ce moment, double et il fallait les distinguer l’un de l’autre.

Il y a donc deux caducées : l’un est réservé au corps médical, l’autre au commerce. Le monde médical et pharmaceutique américain (tant civil que militaire) a accentué cette confusion en s’attribuant comme emblème le caducée d’Hermès à deux serpents, c’est-à-dire, l’emblème du commerce. Hélas, d’autres services médicaux lui emboîtèrent le pas ! D’autre part, la monnaie américaine s’emparait, elle, de l’emblème médical pour le styliser comme symbole du dollar !
Et pourtant, la 10ème assemblée générale de la World Medical Association a clairement défini l’emblème médical : un bâton vertical, rouge et brillant autour duquel s’enroule un serpent, avec deux courbes à gauche et une à droite, le tout sur fond blanc.

Espérons que cette confusion dans les symboles n’influence pas l’art médical !

R. Van Tiggelen, P. Derleyn — Ann Med Milit Belg 1996; 10(3) : 124-126 / « La Guerre des Serpents n’aura pas lieu… » ou « le Caducée est-il caduc ? »

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Je me permettrai d’ajouter à cette excellente étude un point de vue qui est le mien. Le Caducée est, à la fois, le bâton du berger et celui du pèlerin, le sceptre (le bâton de pouvoir) et l’arbre (le lien entre la Terre et le Ciel, entre l’Homme et les Dieux). Et le serpent, en chamanisme amérindien, est l’animal de la connaissance et de la guérison. Il représente la transformation, l’énergie vitale, la mort et la renaissance, et aussi l’énergie sexuelle. Rien d’étonnant, direz-vous. Il n’est point de hasard. Et le serpent ailé, le serpent de feu, le cobra sacré, représente en Inde la Kundalini, s’enroulant autour de la colonne vertébrale, lors de l’éveil à la connaissance.

mother Kundalini

Le cobra n’est pas inscrit dans la réalité quotidienne des européens, il l’est dans celle des Hindous. Ici les pouvoirs de la nature, de l’océan, de l’éléphant, du singe, du cygne, de certaines plantes etc. entrent en en résonance avec les qualités que désirent les hommes. Le cygne, par exemple, est l’emblème de la pureté et du discernement. Le cobra est élevé au rang d’une divinité appelée « Naag ». Lorsqu’ils prononcent le mot, immanquablement les Hindous lèvent l’avant-bras, arrondissant la paume… « Naag ! », disent-ils en agitant le cobra de leur bras, roulant des yeux emplis d’admiration, de saisissement, de crainte…

Enroulé autour du Lingam, le Cobra est un objet de culte quotidien. Il représente la Kundalini Shakti, énergie lovée à la base de la colonne vertébrale, et son ascension le long du Nadi central, la Shushumna… Cette énergie puissante est celle de l’éveil. Les trois anneaux du Cobra autour du cou de Shiva symbolisent les trois états de conscience : sommeil profond, rêve, éveil.

Le venin mortel stocké derrière les yeux du Cobra, entre les deux yeux, est associé au pouvoir de ce que nous appelons « le troisième œil », et que les Hindous appellent « gyaan ka netr », œil de connaissance. Lorsque l’énergie de la Kundalini, s’éveillant trouve son chemin jusqu’au sommet du crâne, s’ouvre l’oeil de connaissance. C’est un œil de destruction, capable de réduire en cendres tous les attachements retenant l’être dans la prison de ses conceptions mentales. Il détruit l’illusion des Trois Temps – Passé, Présent, Futur – dans laquelle rêve l’homme ordinaire. L’éveil du Cobra intérieur – la Kundalini – produit le Feu purificateur illuminant le cœur.

Ceux qui fréquentent les Chemins d’Elishams savent que destruction et création sont des aspects intimement mêlés. Dans l’histoire du Barattage de l’Océan de Lait, le Cobra est associé à la création du monde : il est la corde permettant le barattage. Un poison extrêmement violent (le mauvais) dont seul Shiva est capable de débarrasser la création, est d’abord produit. Seulement alors le nectar d’immortalité (le bon) peut émerger. Chaque fois que je parle de cela, je ne peux m’empêcher de penser aux déchets atomiques… Toujours dans l’image de la création du monde, qui pour les Hindous a duré des millions d’années et comportent autant d’épisodes, Vishnu est allongé sur un Cobra Infini (anant sheshnag) qui représente ce qui reste, les résidus (shesh) de l’univers précédent et à partir desquels une nouvelle création se développe. L’image du Cobra est alors associée à l’Eternité, et en un tour d’anneau nous retrouvons la symbolique de l’éveil spirituel qui conduit à la libération des chaînes du Temps.

Une toile relie de ses fils invisibles les divers concepts fondant l’hindouisme. Le Cobra associe la symbolique de Shiva, de Vishnu, du Feu, de l’Union (Yog), la transcendance du Temps, du lotus du cœur, dont les mille pétales s’ouvrent au passage de la Kundalini. Un Cobra sommeille en tout être humain…

Quelques caractéristiques « observables » du Cobra : il vit en solitaire dans la jungle et les montagnes. Sa fréquence respiratoire extrêmement lente lui permet de ralentir ses processus vitaux, de rester longtemps sans manger. Sa morsure est fatale.
Quelques caractéristiques symboliques réelles : des yogis vivent en solitaire dans la jungle et les montagnes, jusqu’au jour où j’écris, si si ! Par le ralentissement de leur respiration, fruit de pratiques quotidiennes, ils réduisent les besoins de leur corps, s’absorbent dans l’immobilité, font des incursions dans l’Eternité… Leur Darshan (darsan) est fatal !

Le serpent (ou dragon) est aussi le symbole du pouvoir de la manifestation. Chez les occultistes, c’est Nahash, le fluide séducteur qui attire les âmes vers l’incarnation, ce qui a donné l’image « diabolique » du serpent tentateur de la Bible. Chez les Chinois, il a donné le dragon gardien des trésors, de la perle de sagesse. C’est un Naga des eaux et aussi de l’air. Chez les Chrétiens, il a pris la forme démoniaque du dragon vaincu par St Georges, ou encore le pouvoir de la manifestation terrassé par l’âme. Dans la Genèse, c’est encore le Serpent qui offre à l’homme d’accéder à la Connaissance. Toujours « diabolique » et négatif chez les chrétiens, il garde cette ambivalance instructive en Asie. D’ailleurs Loung (dragon en chinois) n’est-il pas à rapprocher du grec Logos, le Verbe, la Langue, dont la symbolique est la même ?

D’après Eli Shams, in : http://www.elishams.org/La-symbolique-du-cobra.html – 2005

plus de documentation ici : http://www.dictionnairedessymboles.fr/article-le-symbolisme-du-caducee-117924552.html

télécharger le document PDF (8 pages) : https://regisliber.files.wordpress.com/2014/02/cdc2.pdf

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13 réflexions au sujet de « la symbolique du caducée »

  1. LE CADUCEE EST COMPOSE DU SERPENT…. LA MORT…

    ET DU BATON…. LA MAITRISE….

    OU MAITRISE DE LA MORT…. PAR LE BATON SUR LE SERPENT….

    FAIRE CRACHER LE POISON AU SERPENT POUR EN TIRER UN VACCIN ATI DOTE….

    LE RATIONNEL…. çA MARCHE BIEN….

    FRANCIS AMMA

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    1. bonjour
      merci pour votre intervention
      toutes les sources des articles sont indiquées, et je continue à collecter toutes informations pertinentes sur le sujet
      les collaborations seront appréciées à leur juste valeur !
      cordialement
      Michel

      J'aime

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