sursis pour le ROUND UP !?

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18 mois de sursis pour le Round Up

La commission européenne vient de prolonger de 18 mois la durée de vie de l’herbicide Round Up sur le marché européen.

C’est un produit toxique (1) pour l’homme et l’environnement (2), et probablement cancérigène selon le CIRC (3).

Mais surtout, le Round Up est étroitement associé aux cultures OGM. En effet, de nombreuses plantes sont génétiquement modifiées pour résister au glyphosate, la molécule toxique du Round Up. Ainsi cela permet d’asperger directement les cultures avec cet herbicide en détruisant tout, sauf la plante qui sera ensuite mangée par le consommateur.

Au-delà du risque pour l’être humain, ce mode de culture où toute flore et faune auxiliaires sont détruites appauvrit les sols, détruit les petits animaux, insectes, lombrics et jusqu’à la vie microbiotique et bactérienne en profondeur.

Cette stérilisation entraîne la transformation du sol vivant en un simple « substrat » mort, incapable d’auto-régénération. Les cycles biologiques, garants du maintien de la fertilité : décomposition de la matière organique, oxygénation, circulation des eaux et drainage, s’arrêtent. (9)

Les maladies fongiques (provoquées par des champignons) augmentent, ce à quoi on réagit avec… plus de fongicides !

Privés de nourriture et de prédateurs, certains animaux et insectes dits « ravageurs » prolifèrent, ce à quoi on réagit avec… plus de pesticides !

La « logique » de cette agriculture est donc d’accroître constamment les apports de produits phytosanitaires, la profondeur du labour, le nombre des traitements et épandages, pour le plus grand profit de l’industrie chimique et de l’industrie du matériel agricole.

À cela s’ajoute la menace effrayante de l’apparition d’espèces végétales parasites résistantes aux herbicides. Dans un premier temps, elles obligent à multiplier les traitements avec des produits chimiques aux modes d’actions différents. Dans un second temps, on craint aujourd’hui que cela ne conduise à la situation du pire : des cultures chimiques sur un sol mort empoisonné, avec un effondrement des rendements liés à la prolifération des plantes parasites contre lesquelles on ne pourra plus rien.

La fin du cycle sera atteinte et, avec elle peut-être, la catastrophe.

OGM, plantes mutées, que dit la science ?

Les pesticides peuvent nuire à la santé de l’homme. C’est un fait avéré pour les agriculteurs qui les ont manipulés à la main et qui en sont tombés malades (Parkinson, cancer de la vessie) (4), voire pour les enfants ou les femmes enceintes dans les régions de vignoble, par exemple (5).

Issues du pétrole, ce sont des molécules organiques fossiles produites par la décomposition de végétaux sur des millions d’années. Elles sont donc aisément confondues par notre organisme et perturbent les signaux biologiques produits par nos hormones. C’est pourquoi on les qualifie de « perturbateurs endocriniens » (7). Baisse de la fertilité, malformations génitales, dépressions, maladies neurologiques et cancers pourraient être liés à l’omniprésence de ces molécules dans l’environnement, mais également aujourd’hui dans le corps des animaux, comme des êtres humains.

Isolément, une molécule ingérée dans les seuils actuels ne pose pas de problème observable. Mais additionnées, ces molécules créent un « effet cocktail » dont les conséquences sur la santé pourraient être préjudiciables. (6)

Les engrais posent aussi problème. La croissance à marche forcée qu’ils imposent aux végétaux ne leur permet pas de développer les racines pour capter les nutriments habituels qu’ils tirent de la terre. Ainsi des études ont montré que certains fruits et légumes sont 100 fois moins riches en nutriments essentiels et en vitamines qu’en 1950 (8) !

Les OGM, posent de graves questions. Pour rappel, un OGM est un organisme vivant chez lequel a été artificiellement ajouté, supprimé ou modifié un ou plusieurs gènes de son ADN. Cette modification des gènes se fait au moyen de bactéries capables de transférer des gènes, par exemple Agrobacterium tumefaciens. Les plus répandus sont les OGM « insecticides » : ils ont reçu un gène qui leur fait produire en permanence une substance qui fait fuir les insectes. Il existe aussi des OGM résistants aux herbicides, comme nous l’avons vu plus haut. Mais leur impact sur l’être humain et le risque que ces gènes se répandent dans la nature via le processus d’hybridation ne sont absolument pas maîtrisés.

Les plantes mutées, quant à elles, ont vu leurs gènes transformés artificiellement (mutagénèse). Les plantes sont soumises à des rayons gamma, UV, X. On peut aussi les mettre en contact avec des produits chimiques toxiques et mutagènes (hydroxylamine, acide nitreux). L’opération est répétée jusqu’à obtenir la mutation voulue.

Plantes OGMs et plantes mutées provoquent des allergies et intoxiquent les corps comme le rappelle un rapport scientifique de 2008, plutôt modéré, publié à destination des médecins dans Journal of The Royal Society of Medecine (10).

Ce n’est donc pas le seul « principe de précaution » qui justifie l’interdiction ou l’encadrement très rigoureux des OGM aujourd’hui, mais les risques avérés que ces produits créent pour notre santé.

Des OGM dans nos assiettes !

La Belgique a interdit la notion « sans OGM » sur les étiquetages parce que l’administration considère qu’il n’est pas évident de distinguer les produits avec ou sans OGM. Il aurait été plus ambitieux de créer un label et d’assortir ce label d’un cahier des charges qui garantisse aux consommateurs l’accès à une alimentation naturelle.

En France, le sujet mobilise l’association Consommateur, pas Cobaye qui fait un excellent travail de terrain autour de son coordinateur national, Bernard Astruc. Le mouvement a lancé une campagne nationale appelée « OGM transparence » pour l’étiquetage obligatoire de tous les produits alimentaires issus d’animaux « nourris avec des OGM » (soit 9 animaux sur 10 en France). La pétition est à signer ici.

L’IPSN soutient pleinement cette action. La pétition sera présentée aux médias lors d’une conférence de presse à la Fondation Charles Léopold Mayer, le vendredi 1er juillet à 15h30, et à laquelle je participerai. Détails ici. Contact : contact@consommateurspascobayes.fr

Il est urgent que chacun s’informe

Mais en attendant que bougent les autorités, c’est à chacun d’entre nous de se prendre en main et d’agir à son niveau pour se protéger et préparer l’avenir.

C’est pourquoi je vous invite fortement à assister à cette très importante journée avec Christian Vélot lors de notre 2e Congrès International de Santé Naturelle. L’événement a lieu au Parc Floral de Paris les 1er et 2 octobre 2016. Venez nombreux ! Inscriptions ici.

Vous retrouverez d’ailleurs l’association Consommateurs Pas Cobayes lors du congrès ainsi que de très nombreux intervenants passionnants. N’hésitez pas à venir les rencontrer !

Naturellement vôtre,

Augustin de Livois


Sources :

[1] Goldstein DA, Farmer DL, Levine SL, Garnett RP, Mechanism of toxicity of commercial glyphosate formulations : How important is the surfactant ? ; Clinical Toxicology [Clin. Toxicol.]. Vol. 43, no. 5, p. 423-424. 2005

[2] Le Roundup devant les tribunaux 

[3] 5 pesticides sont reconnus cancérigènes, dont le glyphosate utilisé dans le Roundup de Monsanto

[4] Enfin une reconnaissance du lien entre pesticides et maladie de Parkinson

[5] La Gironde très exposée aux pesticides : l’enquête choc de « Cash investigation » 

[6] L’effet cocktail des pesticides

[7] Voir notamment la conférence du Pr Gilles-Eric Séralini lors du congrès IPSN de 2015. Toutes les vidéos sont disponibles ici.

[8] Une pomme de 1950 équivaut à 100 pommes d’aujourd’hui

[9] Sur le sujet, n’hésitez pas à consulter l’ingénieur agronome, Claude Bourguignon dont voici le site Internet : http://www.lams-21.com/artc/1/fr/

[10] Genetically modified plants and human health


Institut pour la Protection de la Santé Naturelle
Association sans but lucratif
Rue du vieux Marché au grain, 48
1000 BRUXELLES
IPSN

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