Un enfant, ça n’oublie jamais

La lettre du Professeur Joyeux

« Un enfant, ça n’oublie jamais »

Quand on m’a offert ce livre il y a 15 ans, je l’ai dévoré, lu, relu et offert à beaucoup de nos amis. Une merveille pour mieux saisir les mystères des enfants, les siens et ceux des autres.

Ce livre est une mine d’or pour parents et éducateurs. Il l’est aussi pour celles et ceux qui détiennent les manettes de l’évolution de notre société.

Un jour j’apprends que ce livre, Le Monde Intérieur de l’Enfance est épuisé. Impossible de l’oublier. Par un hasard sans hasard, je rencontrai récemment l’éditrice. Je l’ai suppliée de republier ce livre. Un grand merci aux éditions du Dauphin. 

Lisez-le, offrez-le, réunissez-vous entre parents ou grands-parents pour en parler. Que de richesses vous attendent !

Les enfants peuvent être nos maîtres, si nous savons les observer, les écouter, les guider sans les frustrer, les commander sans imposer, avec amour et finesse. Car « où le pouvoir règne, l’amour est absent ».

Ils comprennent tout, même ce qu’on ne dit pas. Les jeunes ont une connaissance intuitive.

J’ai eu quatre sœurs et cinq frères et avec Christine, ensemble depuis 42 ans, nous avons eu six enfants, trois filles et trois garçons, et nous nous sommes occupés de l’éducation de deux autres arrivés dès notre mariage, l’un à 11 ans et sa sœur plus tard à 13 ans. Pour aucun d’entre eux cela ne fut un long fleuve tranquille.

Ce livre nous a permis de mieux saisir les débuts de la conscience humaine, les mystères du monde intérieur de beaucoup d’enfants, petits et grands, que nous avons rencontrés dans de nombreuses écoles publiques et privées.

La citadelle intérieure de la psyché varie évidemment d’un enfant à l’autre, même face à un événement identique. L’arrière plan inconscient des parents est plus puissant sur les enfants que le conscient parental.

Il faut savoir protéger nos enfants de nous-mêmes en sachant que ”L’ignorance produit le même effet que la faute”. La cause c’est nous, voilà pourquoi ce livre est vital pour vous, pour vos enfants, pour toutes les familles, pour tous les éducateurs, surtout les plus spécialisés.

Évidemment les relations entre parents et enfants sont en progrès continuel. Les inconscients personnels et collectifs sont évolutifs, d’autant plus que nous assistons à un brassage sans précédent des cultures d’orient et d’occident qui s’attirent et se repoussent sur le même sol. Ces inconscients, d’où montent des images, travaillent pendant le sommeil et même le jour, où rêves et songes, cherchent leurs sens.

J’ai compris comment nous, père ou mère, parents ou non, pouvons contaminer l’inconscient de l’enfant. Comment évidemment sans le vouloir, sans le savoir, nous pouvons être à l’origine du bégaiement d’un enfant hypersensible. Or nos enfants sont de plus en plus sensibles et ce d’autant que le monde actuel les éloigne de la mère-nature et les agresse trop souvent de nouvelles choquantes, effrayantes. De grandes tempêtes émotives peuvent les assaillir exprimées ou enfouies.

« Les attitudes émotives qui n’ont pas réussi à mûrir tombent dans l’inconscient d’où elles resurgiront plus tard, trouvant à s’exprimer dans des actes infantiles qui diffèrent de façon surprenante de l’attitude consciemment adoptée »

« L’introversion doit être guidée pour ne pas tomber dans l’introspection morbide …. L’extraversion a besoin d’être contrôlée… pour ne pas se perdre dans la multiplicité des choses.. »

On comprend mieux l’arme féminine que sont les larmes qui coulent le long des joues tandis que plus souvent l’homme les cache ou les retient.

L’acte de rébellion du fils ou de la fille, en plus du fait qu’il est nécessaire à leur construction, peut ouvrir ou faire régresser la sexualité.

Ainsi tout peut s’expliquer dans l’histoire d’une vie, les attirances, les orientations affectives et aussi les faims sexuelles. D’où l‘importance d’aider l’enfant pas à pas à se connaître, à couper son cordon ombilical psychique, en gardant son sentiment de sécurité. Saine sécurité du foyer, pas trop forte, sinon l’enfant a peur de l’extérieur.

Ah si les parents savaient le chaos qu’ils créent dans la tête de l’enfant, quand ils s’insultent ou se séparent, alors que toutes les photos de la maison expriment leur amour passé. « L’amour doit être la demeure émotive naturelle de l’enfant ».

L’introduction de Carl Gustav Jung est lumineuse, même s’il a tendance à confondre l’âme et l’inconscient, comme il l’a fait toute sa vie. Il va même jusqu’à écrire étonnamment : « La vérité sort de la bouche des enfants et des fous. »

« Il nous est nécessaire de connaître notre propre vie intérieure si nous voulons connaître l’enfant. »

« Seul l’individu libre qui a trouvé sa propre voie peut en aider d’autres à devenir libre. »

« En acceptant la partie irrationnelle de l’enfant, nous renforçons aussi notre relation avec lui. »

Les exemples vécus rapportés dans ce livre sont magnifiquement relatés et nous pouvons nous y retrouver nous-mêmes ou l’un de nos enfants ou des jeunes que nous rencontrons. L’enfant pas plus que l’adulte ne se mesure à l’étalon matériel qu’il représenterait.

« Les enfants qui manquent d’amour véritable et de compréhension deviennent souvent menteurs et ils volent par désir d’obtenir par ruse et tromperie quelque chose qu’ils n’ont pas pu développer dans leur inconscient. »… 

À propos de la sexualité :

« N’importe quoi peut se transformer en idée obsessionnelle à force d’être entouré de mystère. » ; et « Les curiosité infantiles peuvent se montrer aussi graves que les maladies infantiles, lorsqu’elles se déclarent dans la vie adulte. »

« La sexualité doit suivre le sentiment et non le sentiment la sexualité »

Dans cette mine d’or, vous comprendrez mieux les rêves d’enfants, du serpent symbole du danger, d’oiseaux grands ou petits noirs ou colorés comme les perroquets, les éléphants qui volent, le vieux mouton, la mer et ses habitants, le ciel et ses étoiles…

Voici quelques élixirs puisés au fur et à mesure d’une lecture passionnante.

« L’enfant comme un arbre planté auprès des eaux du fleuve porte son fruit en sa saison. »

« On ne devrait laisser aucun enfant échouer continuellement que ce soit à la maison ou à l’école. »

« Dans l’inconscient de chacun de nous se trouve une image de l’enfance… L’inconscient est un ouvrier intelligent et habile. »

« Il nous faut être continuellement vigilant par rapport à nos propres attitudes. A l’adolescence le garçon doit vaincre l’autorité du père chaque fois que celle-ci le maintient dans une position d’enfant. »

« Pendant la période d’éveil sexuel et d’aube de la vie amoureuse, il se produit une énorme activation de l’inconscient. »

« Il n’y a qu’une seule raison constructive que nous puissions avoir de nous tourner vers le passé : c’est de découvrir les moments où nous nous sommes d’abord fourvoyés et les influences qui étaient alors à l’œuvre. »

« Réaliser sa propre individualité est un processus long et douloureux, que n’ont pas vraiment atteint de nombreux soi-disant adultes. »

« Puisque l‘amour des parents est la plus forte sécurité émotionnelle de l’enfant, comment s’étonner qu’une instabilité dans ce domaine puisse plonger une vie dans la terreur ? .. la sécurité est le droit fondamental de l’enfance. »

« Le rêve nous rappelle continuellement la partie de nous-mêmes que notre conscient oublie. »

« L’enfant est une individualité mystérieuse en développement et non un cas clinique à étudier. L’enfant est affamé d’amour. »

Un enfant, ça n’oublie jamais !

Professeur Henri Joyeux

2 thoughts on “Un enfant, ça n’oublie jamais

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