Les six profils d’enfants intellectuellement précoces

Les 6 profils d'enfants intellectuellement précoces

article paru sur le blog d’Alexandra : Les tribulations d’un petit zèbre
le 2 juin 2014

Quand on parle d’enfants surdoués, on ne peut pas ignorer qu’il existe une grande diversité parmi les EIP (comme parmi les adultes doués) :!:

Loin d’être une armée de clones, s’ils ont des points communs, notamment bien entendu leur haut potentiel intellectuel, mais pas uniquement. Certains grands traits de caractère ou de comportement par exemple, plus encore lorsqu’ils sont très jeunes (comme les questionnements incessants, les perpétuelles négociations, le refus de demander de l’aide, des oreilles qui traînent partout, un avis sur tout, des centres d’intérêt hors norme pour leur âge biologique, etc.) ; on trouve parmi les enfants doués des personnalités & des types de profils très différents :up:

D’une même caractéristique, les profils des enfants peuvent amener à des réactions concrètes en apparence radicalement opposées. La peur de l’échec, par exemple, pourra se traduire chez certains par un refus de prise de risque tout en assurant d’excellents résultats scolaires, parfois frisant le perfectionnisme obsessionnel (s’assurer être toujours le premier pour être sûr de ne pas se trouver en situation estimée « d’échec », même quand il n’en est pas question du reste). Chez d’autres, cette peur prendra des allures d’opposition aux enseignants et aux devoirs à rendre (ne pas travailler pour ne pas risquer de faillir !), ou encore à une anxiété paralysante qui rendra l’enfant sous-performant.

Ainsi, une même « problématique » (si l’on peut dire) sera gérée différemment, selon le type de profil qu’a l’enfant doué. Et parce que ces différences existent et doivent impérativement être prises en compte (dans la famille, à l’école), il est aberrant de parler de « l’EIP » comme si tous les enfant HQI ou THQI représentaient quelque chose d’uniforme :-x

Or pour identifier un enfant HPI, il faut avoir conscience de ces différences, les connaître, les comprendre et les avoir assimilées. Tous les EIP ne correspondent pas à l’image de « bon élève » véhiculée par les croyances toujours tenaces dans l’esprit de beaucoup d’enseignants comme de parents !

Certains enfants surdoués sont ainsi, effectivement, mais ils ne sont seulement qu’une petite part des enfants surdoués. Je dirais la part la plus facilement identifiable, notamment par les équipes éducatives, mais certainement pas celle regroupant le plus d’enfants doués, car cette part ne concerne qu’un seul des six profils définis que je vais vous détailler :(

Ne passons pas à côté de ceux qui ne portent pas ces caractéristiques !!!

Dans les années 80, deux spécialistes américains, Georges Betts (enseignant spécialisé à l’Université du Colorado & président de la National Association of Gifted Children) et Maureen Neihart (docteur en psychologie), ont dégagé six grands profils d’élèves à haut potentiel intellectuel, suite plusieurs années d’étude & d’observations.

:idea: à noter que les profils II, III, IV & V sont caractérisés par des traits de personnalité pouvant parfaitement occulter ou minorer le haut potentiel intellectuel de ces enfants. Et cela sur le plan scolaire comme dans les résultats lors d’un bilan psychométrique ! Un psychologue peu connaisseur de la douance pourra alors passer à côté s’il ne s’en tient qu’à un bilan chiffré sans réelle analyse des dix subtests :down:

Type I – « The successful », l’élève qui réussit

On considère que 90% des enfants HQI / THQI identifiés à l’école primaire sur conseil du corps enseignant correspondent à ce profil. L’élève qui réussit sans souci apprend bien, fonctionne sans difficulté à l’école, sans se faire remarquer et obtient de très bons résultats aux tests de QI. Il est souvent très apprécié des enseignants.
Il recherche toujours l’approbation des adultes, ou des personnes qui jouent un rôle dans sa vie, est conformiste et pas particulièrement affirmé. Il prend peu de risque de peur d’être mis en situation d’échec. Généralement (très) perfectionniste, il lui arrive rarement d’éprouver des troubles de comportement à l’école.

Type II – « The challenging », l’élève provocateur

Extrêmement créatif & à la pensée divergente, il peut toutefois sembler obstiné, manquer de tact ou être sarcastique. Ce second profil est peu fréquemment identifié comme HPI par les enseignants car particulièrement non conforme au système scolaire ! Son ennui en classe est manifeste, et l’attitude de ce type d’élèves peut être source de conflits.
Il a une forte tendance à corriger les adultes, à mettre en doute les règles, à très mal maîtriser ses émotions & à défendre ses convictions de manière frontale, tant à l’école qu’à la maison.

Type III – « The underground », l’élève effacé

Fréquemment de sexe féminin, cet élève est dans le déni de ses capacités intellectuelles hors norme. Il refuse d’admettre son surdouement pour être accepté par les autres, ce qui a pour conséquence des capacités d’adaptation importantes (il est un excellent caméléon), mais allant de pair avec une immense frustration, une mise sous pression intense et une difficulté à exprimer ses sentiments profonds. Le tout donnant un manque d’assurance et une très mauvaise estime de soi.
Les résultats scolaires vont de moyens à bons, et c’est un profil que l’on retrouve souvent en fin de primaire ou début de secondaire.

Type IV – « The dropout », l’élève décrocheur

Il est en colère (d’ailleurs, dans la littérature anglophone on le retrouve sous deux dénominations : « the dropout » & « the angry ») et toujours sur la défensive : il en veut aux adultes, à la société toute entière mais aussi à lui-même.
Il a le sentiment que le système scolaire n’a pas su répondre à ses besoins depuis un certain nombre d’années. Ayant une très mauvaise estime de soi, il se sent rejeté et est souvent amer et plein de rancœur. Cet élève refuse de faire ses devoirs et ses résultats ainsi que son rendement scolaire ne sont pas uniformes. Il donne l’impression de posséder des aptitudes intellectuelles moyennes, voire inférieures.
Ce profil peut prendre la forme d’enfants qui dérangent et profitent des autres ou, au contraire, d’élèves très effacés & non-présents en classe.

Type V – « The twice-exceptional », l’élève doublement exceptionnel

C’est un enfant qui malgré son haut potentiel intellectuel cumule, soit des troubles d’apprentissage, soit des troubles affectifs ou encore un Trouble du Spectre Autistique, un handicap physique. Bref, il n’est pas « que » surdoué, il a une seconde particularité qui le rend doublement exceptionnel, mais aussi qui peut parfois rendre plus compliquée l’identification de son surdouement.
Il ignore souvent ses grandes capacités et a une faible estime de soi. Son travail peut être de qualité inférieure ou relativement incomplet du fait d’une lenteur en classe à exécuter les tâches demandées. L’échec représente pour lui une grande source d’anxiété et il peut adopter un comportement perturbateur en cours.

Type VI – « The autonomous learner », l’élève autonome

C’est un élève indépendant, sûr de lui et très enthousiaste à l’idée d’apprendre. Souvent autodidacte, il s’accepte et est tout à fait capable de prendre des risques. Il est persévérant et aime se lancer des défis, il défend facilement ses convictions et est très bien accepté par ses camarades comme par les enseignants et les autres adultes. Cet élève exprime librement ses sentiments, ses besoins & ses objectifs. Il a une estime de soi favorable, scolairement parlant il réussit bien et se sert du système scolaire à bon escient pour se créer de nouvelles occasions. Il suscite souvent admiration et sympathie.


Voilà pour les 6 profils, mais les choses sont souvent plus compliquées qu’il n’y paraît. En effet, la douance d’un enfant peut prendre une forme très différente selon les âges, selon ce qu’il a vécu, ce qu’il a perçu du monde et des personnes qui l’entourent :-|

Entre ses premiers pas à l’école en maternelle et le collège ou le lycée, les choses peuvent beaucoup évoluer. Les circonstances changent, le fait ou non d’être identifié EIP & reconnu comme tel de manière positive… ou à l’inverse de manière négative a aussi une grande importance dans la façon dont l’enfant se comportera. Mais d’autres variables entrent en jeu, comme le regard des parents, de la famille et de tous les acteurs autour de l’enfant qui peut lui aussi se modifier au fil des années, la puberté, les changements familiaux (divorce, naissance, etc.).
Tout ceci peut bien sûr avoir des incidences sur un enfant, et de surcroît, sur un enfant intellectuellement précoce & hypersensible.

Ainsi, on ne peut pas résumer un enfant doué à un numéro de profil, pas plus qu’il ne faut le définir par un score de QI :oops:

Par exemple un enfant peut manifester tous les symptômes d’un type IV (élève décrocheur) et après un bilan mettant en évidence son surdouement, se sentir délivré de cette colère et laisser libre cours à des pensées créatives et divergentes qu’il avait enfoui au fond de lui, pour se retrouver dans un profil du type II (l’élève provocateur), avant d’évoluer encore au fil du temps.
Rien n’est figé dans le temps, et le sentiment croissant de la conscience de soi, les thérapies ou le hasard des rencontres peuvent faire qu’un enfant change « de case ».

Pour finir, il ne faut pas perdre de vue le fait qu’il existe des enfants HPI chez qui l’on remarque un mélange de plusieurs profils. Même si un type domine, il n’est pas toujours simple de déterminer si on tendra plus vers le I ou vers le III, selon les années, les circonstances, les enseignants (les enfants doués, étant extrêmement sensibles aux personnes qu’ils ont en face d’eux, peuvent adopter des attitudes et avoir des réactions étrangement différentes d’un enseignant à l’autre, d’une période à l’autre…) :roll:

Les enfants surdoués ont, comme tous les autres enfants du reste, besoin de se sentir compris, acceptés et reconnus tant dans leurs besoin intellectuels que leurs besoins relationnels, émotionnels et sociaux ;)

C’est pourquoi il vaut mieux les identifier tôt afin de pouvoir mettre en place des aménagements et des aides dans le cas où leur profil le nécessite.
Il sera bien plus facile d’aider un jeune enfant HPI, avant que les problèmes ne soient installés dans la durée et l’estime de soi trop endommagée, plutôt qu’un HPI adolescent n’ayant jamais appris à travailler :-?

C’est ce que la psychologue Arielle Adda nomme très justement le goût de l’effort !
Un autre article sur ce sujet ici :-D


:idea: dans la littérature spécialisée, la psychologue belge (docteur en psychologie) Tessa Kieboom développe ces six profils, mais donne également des pistes pour chacun d’entre eux dans son excellent ouvrage paru chez De Boeck « Accompagner l’enfant surdoué« , préfacé par Jean-Charles Terrassier :up:


Cliquez sur l’image de la couverture pour
retrouver le livre signé Tessa Kieboom
:)


source : http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2014/06/02/les-6-profils-denfants-intellectuellement-precoces/?utm_campaign=shareaholic&utm_medium=facebook&utm_source=socialnetwork

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