Poètes, ne vous prenez la tête !

poètes du monde
ne vous prenez la tête
la faim ne s’écrit guère
non plus la guerre
les génocides
les violences de toutes sortes
ni tout le mal qu’inflige à son semblable
l’homme
l’horreur et la terreur
là-bas se vivent au quotidien
sans que nul n’en écrive le moindre mot
il est des limites au poème
il est des émois indicibles
des transes maudites
que le sage taira
car prononcer ces mots-là
ne ferait qu’ajouter
honte à la honte
douleur à la douleur
tristesse à la tristesse
je suis las et gêné de me taire
cependant
comment encore dire au monde la vanité de la haine
et le déni de la vertu
seuls les albatros seraient capables de m’entendre
et les baleines de me comprendre
ô corps pétri de misère
magma né de l’ombre
siège de tant de douleur
au sein duquel cependant naissent les émois les plus merveilleux
lieu du pire comme du meilleur
tu m’arraches les larmes à l’âme
et m’infliges toutes les insomnies du monde
fallait-il que la vie
ingrate
plombe de ce lest
tout poème en instance
fallait-il que la fin
si hâtive
m’invite à son banquet de carême
fallait-il que le feu de mon sang
consume sans merci
jusqu’à la moëlle de mes mots
je déserte peu à peu
l’alcôve des congrès idylliques
et les sirènes anciennes
oubliant nos cités étoilées
ne me verront hisser les voiles
sans hâte
dans une nuit sans vent

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