pour cela toujours je marcherai

ma bouche est froide
comme jardin clos sous la neige au solstice

ma langue s’emmitoufle
en veuve sans chagrin
sous la chape des vêpres

ma lèvre tremble
orpheline en ses velours dans la bise hivernale

devant moi s’étend le plus illusoire des univers
en amas de galaxies
dont l’œil ne perçoit plus que reflets de souvenir

de tous ceux-là
qui n’étaient déjà plus avant que ce monde fût
j’entends geindre les âmes
venues d’espaces encore visibles
et néanmoins depuis longtemps anéantis

mémoire des au-delà réduits en poussières
le firmament se rétracte à la mesure de mes frontières

mais outre ma phalange
mon tympan
ma pupille

en mon fors je soupçonne une haleine
un frémissement
un regard sur les choses
que nul jamais ne possédera

tout cela me pousse à vivre
et regarder la mort sans masque

tout cela aussi
fait que tremble ma plume sur le papier fragile
de jour comme de nuit
à la lueur vacillante des soleils fantômes

et pour cela toujours
je marcherai
vers mon étoile insoupçonnable

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